16 octobre 2008 : Michel de Montaigne

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Michel Eyquem naît au château de Montaigne dans une famille de noblesse récente. Réveillé au son d’une douce musique, immergé naturellement dès la petite enfance dans le latin, Montaigne gardera de cette éducation libérale un esprit vif, ondoyant, rétif à toute forme d’assujettissement, du corps comme celui de l’esprit.
Après des études de droit et un double mandat à la Mairie de Bordeaux, Montaigne, durablement affecté par la mort de son ami La Boétie, opte pour une nouvelle vie. Il ne se retire pas, comme on l’a souvent dit, mais se met à distance d’un monde auquel il restera étroitement lié, par ses voyages et ses relations. Il emménage dans une tour de son château remplie de livres qu’il appelle sa « libraire ».
Contemporain d’une époque violente et transitoire, déchirée par les guerres de religion et les ambitions politiques, Montaigne a la sagesse d’y aménager pour lui-même et pour ses futurs lecteurs une « arrière-boutique » personnelle, un espace réel et mental pour lire, vivre et réfléchir autrement.
Les Essais , ironiquement qualifié par son auteur comme « les excréments d’un vieil esprit », constituent bel et bien un défi à tous ceux qui sont pressés d’en finir avec l’incertitude. Feuilleté compact de plusieurs versions superposées, juxtaposition incessante d’opinions changeantes et discordantes, imbrication interrompue de citations empruntées et remaniées, Les Essais s’adressent à un lecteur « diligent », capable d’enfourcher son livre, de bifurquer en chemin, de retourner sur ce qu’il vient de lire pour y découvrir un sens nouveau, bref, de se défaire de tout jugement définitif et même de toute prétention à connaître. Un véritable exercice spirituel !
À la fois humble et orgueilleux, soucieux du monde et enclin au retrait, hostile au changement et extraordinairement ouvert, Montaigne était lui-même un homme traversé de contradictions. Soumis au « branle » universel, Montaigne a su magnifiquement en fixer le vertige jusqu’à lui imprimer la forme de notre humaine condition.

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5 septembre 2008 : Nuits étroitement surveillées

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Quelques extraits de Nuits étroitement surveillées (1980), réimprimé par Gallimard cette année :

"Ce que j'appelle 'sommeil' ne peut être très franchement distingué de la vigilance."

"Quand je dors, cessant d'être seul, je suis livré. Je ne deviens ni une bête, ni un corps: je modifie sans l'abolir ma relation à l'humain. Entré dans la mutualité du sommeil, mon droit à dormir se double d'un devoir de dormir: je dois accepter que d'autres s'occupent de ce qui est..."

à propos du "présent du rêve", que Pierre Pachet cherche à retrouver, ce passage de son prédécesseur Alfred Maury (1817-1892):

"Une dame de ma connaissance me disait qu'il lui arrive fréquemment de se trouver dans un état particulier qui tient tout à la fois du sommeil et de la veille. Un matin, elle est surprise au milieu d'un rêve par l'entrée de deux bonnes dans sa chambre: son rêve lui plaisait, et elle tenait à ne pas l'interrompre... Elle acheva donc son rêve, bien qu'elle entendît parfaitement ce que disaient les domestiques, et malgré le bruit qu'elles faisaient en ouvrant les volets et en rangeant les meubles..."

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